MADIAPEVO1. Stéphane Nazaire, SEMBOLI2 Olivia, NDOTAR3 Michel, MANDAGO 4 Jean Bedel., WOROWOUNGA5 Xavier
1. Faculty of Sciences, University of Bangui
2. Laboratoire de biodiversité végétale et fongique, République Centrafricaine
3. Laboratory of the Ecole Normale Supérieure
4. Laboratory of the Ecole Normale Supérieure
5. Laboratory of Analysis, Architecture and Reactivity of Natural Substances (LAARSN)
Corresponding author: worowoungax@yahoo.fr; worowoungax@gmail.com
Figure 1. Talinum triangulare (a), Xylopia aethiopica (b)
ABSTRACT
Wild food plants are natural resources that are, essential to humans for their nutritional and health needs and also for their income as well as for the conservation of biological diversity. This study aims to inventory plants with nutritional and therapeutic potential in the Commune of Lessè (RCA), with the aim of promoting these biological resources. From April to July 2024, field missions, based on the use of individual interviews using a semi-structured questionnaire, were carried out in four villages, chosen on the basis of cultural importance and the abundance of natural resources. These are mainly Karawa, Gbabili, Yéma – kabo and Mbanza. In each village, 15 people were interviewed, for a total of 60 individuals interviewed. 81 plant species of wild origin belonging to 62 genera and 40 different families were identified. The population surveyed consumes them to diversify their diet. Which is also very beneficial for the supply of essential nutrients (proteins, fats and sugars), vitamins and antioxidants. The botanical family with a high diversity in specific terms is that of Euphorbiaceae with 5 species respectively. In the villages surveyed, 76 species of wild food plants or 93.82% are better known and more consumed in Karawa than in other localities. Concerning the organs consumed, fruits (57, 28%) and leaves (35.92%) are the most requested organs in food. The results also showed that 40 species or 49.32% which is almost half of the species identified are the subject of flourishing marketing in rural markets. Their selling price varies between 0.04 to 0.81 USD with a sum of 7.74 USD. Rural women are the real actors. The harvest and sale of these biological resources not only contribute to strengthening food security but also contribute to the household economy in the study area. Apart from nutritional interest, 31 species of wild food plants are used in traditional medicine treating 43 diseases. Given the dual nutritional and therapeutic interest of these biological resources, it would be essential to enhance and safeguard them in order to combat food insecurity and reduce poverty in rural areas. Similarly, such an approach could allow the cultivation/domestication/conservation of this food and medical heritage.
Keywords: Ethnobotany, wild food plants, medicinal, conservation, Central African Republic.
RÉSUMÉ
Les plantes alimentaires sauvages sont des ressources naturelles essentielles pour les humains, tant pour leurs besoins nutritionnels et de santé que pour leurs revenus et pour la conservation de la biodiversité. Cette étude vise à inventorier les plantes ayant un potentiel nutritionnel et thérapeutique dans la commune de Lessè (RCA), dans le but de promouvoir ces ressources biologiques. D’avril à juillet 2024, des missions sur le terrain, basées sur l’utilisation d’entretiens individuels avec un questionnaire semi-structuré, ont été réalisées dans quatre villages choisis en fonction de leur importance culturelle et de l’abondance des ressources naturelles. Il s’agit principalement de Karawa, Gbabili, Yéma-kabo et Mbanza. Dans chaque village, 15 personnes ont été interrogées, soit un total de 60 individus. 81 espèces de plantes d’origine sauvage appartenant à 62 genres et 40 familles différentes ont été identifiées. La population interrogée les consomme pour diversifier son alimentation, ce qui est également très bénéfique pour l’apport en nutriments essentiels(protéines, graisses et sucres), vitamines et antioxydants. La famille botanique présentant une grande diversité en termes spécifiques est celle des Euphorbiacées avec 5 espèces respectivement. Dans les villages enquêtés, 76 espèces de plantes alimentaires sauvages, soit 93,82 %, sont mieux connues et plus consommées à Karawa qu’ailleurs. En ce qui concerne les organes consommés, les fruits (57,28 %) et les feuilles (35,92 %) sont les organes les plus demandés en alimentation. Les résultats ont également montré que 40 espèces, soit 49,32 %, ce qui représente presque la moitié des espèces identifiées, font l’objet d’un commerce florissant sur les marchés ruraux. Leur prix de vente varie entre 0,04 et 0,81 USD avec un total de 7,74 USD. Les femmes rurales sont les véritables actrices. La récolte et la vente de ces ressources biologiques contribuent non seulement à renforcer la sécurité alimentaire, mais aussi à l’économie des ménages dans la zone étudiée. Outre l’intérêt nutritionnel, 31 espèces de plantes alimentaires sauvages sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter 43 maladiesCompte tenu de l’intérêt nutritionnel et thérapeutique de ces ressources biologiques, il serait essentiel de les valoriser et de les protéger afin de lutter contre l’insécurité alimentaire et de réduire la pauvreté dans les zones rurales. De même, une telle approche pourrait permettre la culture/la domestication/la conservation de ce patrimoine alimentaire et médical.
Mots-clés : ethnobotanique, plantes alimentaires sauvages, médicinales, conservation, République centrafricaine.
